Schéma de fonctionnement du frittage sélectif au laser Principales étapes de fabrication
a - Un logiciel décompose le modèle CAO 3D(fichier .stl), de la pièce en un ensemble de couches élémentaires 2D, correspondant à la coupe transversale, d’épaisseur variant de .003’’ à .020’’ (76µ m à 508µ m). Le choix de l’épaisseur des couches influence la précision, le fini de surface et le temps de fabrication.
b - La poudre est préchauffée au dessous de la température de fusion. Le préchauffage est nécessaire pour éviter la déformation de la pièce et réduire la quantité d’énergie nécessaire à la fusion.
c - La plate-forme centrale [1] se positionne au sommet de la cuve de fabrication.
d - Alternativement, un des deux plateaux des cuves d’alimentation [2] s’élève pour apporter du nouveau matériel en surface. Un système de rouleau [3] prélève et pousse la poudre en surface d’un côté à l’autre de l’enceinte pour constituer un lit de poudre.
e - Le faisceau laser [4] focalisé à la surface de la résine est dévié verticalement selon les axes X et Y à l’aide d’un miroir à balayage [5]. Il vient dessiner en surface un profil géométrique 2D [6] de la couche selon un patron bien déterminé.
f - Le plateau élévateur [1], qui supporte l’objet, descend après chaque couche d’une épaisseur correspondant à la couche élémentaire. g - Le processus continue couche par couche jusqu’à ce que le système termine de construire la pièce [7].
h - Noyée dans la poudre, la pièce remonte à la surface et est nettoyée automatiquement.
Interview de Billy Swift
L’avis d’un designer
SJ - Billy Swift, vous vous êtes auto-proclamé No-Designer en découvrant Monsieur Faltazi, n’est-ce pas étrange pour un designer de renommée internationale comme vous ?
BS - Ça a été une révélation, la production d’objets manufacturés n’avait plus de sens, mon rôle de designer produit était complètement nié, le monde n’avait plus besoin de moi.
SJ - Pourtant Monsieur Faltazi a besoin de designers, pourquoi l’avez vous ressenti comme une négation de votre métier ?
BS - J’étais totalement investi dans la création d’objets fonctionnels répondant aux exigences du plus grand nombre, avec Monsieur Faltazi cette notion est définitivement obsolète.
SJ - Mais pourquoi ce titre de No-Designer ?
BS - Le rôle que je me suis choisi est de forcer nos clients à puiser au fond d’eux-mêmes de réels besoins, pour que leur projets soi au delà de leurs propres espérances. Ma devise est simple : "Vous voulez un objet, je vous explique comment vous en passer !" Si je n’y arrive pas, c’est que le projet est valide, et il ne reste qu’à le formaliser.
SJ - Donc au final vous créez un objet ?
BS - Non, je ne crée plus cet objet, il se crée automatiquement, petit à petit, pendant notre échange verbal, en essayant de me convaincre que j’ai tort de vouloir le dissuader, le client sort de ses tripes ses projets les plus profonds, les plus intimes, les plus puissants, ils prennent vie dans la discussion, et lorsque l’échange est fini, ils sont presque palpables, il ne reste plus qu’a les formaliser simplement car le concept est devenu limpide, évident, sans équivoque.
SJ - On pourrait donc parler de Psy-Design ou de Design Introspectif ?
BS - On pourrait plutôt assimiler çà à de l’auto-design, mais je préfère le terme de No-Design car il me ramène à la réalité, le design produit comme je l’ai toujours pratiqué est mort.
SJ - Mais vous n’êtes pas mort avec lui ?
BS - En fait, il s’agit d’une renaissance, j’étais en train de me perdre, entrainé dans une spirale négative de création mercantile, avec comme unique but celui de vendre le plus grand nombre de pièces. Monsieur Faltazi m’a sauvé !
SJ - Alors finalement le No-Designer pourrait devenir un Neo-Designer ?
BS - Avec Monsieur Faltazi il y a tout à réinventer, nous n’en sommes qu’aux prémices, je travaille en collaboration avec Peter Suetow sur des objets de 5ème génération, la modélisation connait ses limites, il faut imaginer que demain un objet pourrait avoir plusieurs formes...